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  • L'équipe du Cheeta

Tu ne t’emmêles pas dans toutes ces pratiques ?

"Tu ne t’emmêles pas dans toutes ces pratiques ?" est une question que l'on m'a, parfois, posé.

Non, je ne mélange rien du tout, lorsque mon corps bouge, je sais d'où viennent les différents mouvements, en tout cas suffisamment clairement pour pouvoir enseigner et disséquer leur(s) provenance(s). 

Je peux ainsi mettre en lumiere les différentes spécificités de chacunes des sources et partager avec mes étudiants férus d'histoire martiale les points communs ainsi que leurs divergences.


Une majorité d’entre eux, cependant, ne s'y intéressent guère et cherchent simplement à explorer les possibilité du corps.


Il est vrai que le fait de préciser les différences de provenance de certains mouvements constitue déjà un parti pris dans l'art d'aborder le mouvement corporel.

Nombreux sont ceux qui ne le partagent pas... Même si j'aurais tendance à accorder plus d'importance à la biomécanique et à la fonctionnalité dans l'action, je dois bien préciser que j'ai été formé initialement de façon très "spécifique" ou l'on m'enseignait (à la position d'orteil prêt) certaines variations d'une même technique au sein de plusieurs styles cousins.

Cela me rend relativement hermétique aux "débats internets" dont une large part se base sur un manque de souplesse au niveau des filtres selon que les acteurs se concentrent d'avantage sur les similitudes ou sur les différences...

Mais alors comment réussir à pratiquer autant de choses différentes ?

Une majorité de personne répond à cela en segmentant les pratiques par l'usage de la distance.

C'est ce qui amena à la construction de ce que l'on nomme aujourd'hui le free fight (combat libre) dont les apports proviennent essentiellement des boxes pieds/poing pour le comabt debout et du jujitsu brésilien celui au sol.

Certains y ajoutèrent des éléments de lutte libre et de lutte olympique debout. D'autres encore préfèrent le judo à la lutte, le kyokushinkai à la boxe ou le pancrace au Jujitsu brésilien.

Quoi qu'il en soit, ils segmentaient les choses en terme de distance et, encore aujourd'hui, dans la plupart des salles de free fight, certains cours sont plus orientés debout, d'autre autour du clinch, d'autres sur la finalisation au sol.

C'est l'un des premiers points passionnants dans les arts de combats authentiques : la fluidité du passage d'une distance à une autre se fait sans temps de latence psychologique.

Comme ces systèmes furent, dès le début, conçus pour le combat total, l'on ne retrouve pas ces petits moments de "gel" lors des changements de distance (qui correspondent, en fait, à un changement implicite de rituel et deviennent fatal au niveau kyoshi).

Provenant de ces disciplines, je n'ai jamais accroché au manque de "liant" des disciplines de synthèses (meme si certaines se sont efforcée de diminuer ces "blancs", je pense par exemple au daido juku).

Au Cheeta Martial Art, nous travaillons plutôt en relation avec la fréquence cardiaque...

En effet, le système biologique de l’être humain n'est pas capable des mêmes mouvements à 60 ou à 150 battements de cœur par minute. Ainsi, la plupart des techniques issues du vieux jujitsu s'inspirent plus ou moins de l'état d'esprit du iai jutsu. Il s'agit d’étouffer la braise avant qu'elle ne devienne feu. Leur champ d'application optimal reste environ sous 80/90 battements/minute.

Tandis que les différents systemes russes que nous étudions sont optimum autour d'un intervalle un peu plus élevée (80/130 b.p.m). Les arts de préhension resteront fonctionnels sur des rythmes encore plus élevés...*

Enfin, tout un pan du du systeme traite de la réaction face à la "haute violence" au alentour de 175 B.P.m soit lorsque le système nerveux est totalement saturé (mais qu'il faut bien continuer à se défendre...). Ainsi chaque pratiquant est libre de réagir spontanément en suivant sa sensation subjective de confort, ayant été préparé à gérer les différents aspects de la situation et disposant d'un répertoire moteur plus ou moins adapté à son niveau de stress. Un des avantages de cette méthode par rapport à la méthode classique basée sur la distance reste son aspect parfaitement intuitif et ne nécessitant pas l'intervention du néo cortex (patterning**). Elle ne nécessite pas, en outre, de maitrise complète de la part de l’apprenant pour être mise en application et n'entre donc pas en conflit avec son instinct et lui évite donc de passer par une phase de "modification corporelle" durant laquelle il serait potentiellement moins performant, coincé dans un conflit cognitif entre inné et acquis. Primum non nocere : "D'abord ne pas nuire".



* Au C.M.A nous avons banni certaines positions de notre grappling, notamment certaines positions issues de certaines "dérives" compétitives mais irréalistes martialement parlant des lors que les frappes et un certains types de "vice" sont présents.

** Stricto sensu, il serait plus exact de dire que l'on ne laisse pas le cerveau finir de former sa copie d'efférence avant d'agir


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